Faut-il continuer à réorganiser l’entreprise en pensant simplement flexibilité, télétravail et mètres carrés vides ?
Je crois que l’entreprise va devenir le lieu le plus sécurisant de la sociétéavec son règlement et sa capacité à sanctionner. Ce n’est plus le cas de l’école, de l’espace public ou parfois de la sphère familiale.
Si nous concevions l’entreprise de demain comme un écrin de sécurité,nous pourrions repenser ses espaces et y faire revenir les salariés, dans l’esprit RSE et QVCT encouragé par l’État. Aujourd’hui, le harcèlement et la discrimination y sont davantage combattus qu’ailleurs : chacun peut travailler sans crainte, et en cas de manquement, l’entreprise sanctionne.
N’oublions pas que certains salariés refusent le télétravail parce qu’ils vivent seuls et que l’entreprise répond à leurs besoins psychologiques (cf. la théorie des Strokes en A T).
Les jeunes générations demandent une organisation souple qui leur permette de garder un équilibre de vie plus que du télétravail. En acceptant cette organisation plus fluide, l’entreprise participera à leur sécurité psychique.
Introduisons des espaces atypiques qui développent la cohésion relationnelle et facilitent les relations de confiance, des espaces de contemplation susceptibles de faire jaillir idées et eurêka (plus vous rêvassez, plus vous êtes créatifs), un espace de flow qui favorise un état de calme permettant clarté, fluidité et maîtrise et réfléchissons aux couleurs utilisées (cf. « L’étonnant pouvoir des couleurs » de Jean-Gabriel Causse) plutôt que « j’aime, je n’aime pas » et «qu’est-ce qui est la mode ? ».
Arrêtons cette transparence à tout prix qui laisse entendre que le manager est là pour surveiller les salariés. Pouvoir s’isoler et téléphoner pour pleurer…ou rire !
Évitons les réunions entre midi et quatorze heures forçant à se restaurer en quinze minutes.
Pensons l’espace en termes de sécurité physique mais aussi psychologique en tenant compte de la spécificité des acteurs en travaillant le triptyque : espace, management et technologie.
Proposons aux salariés de revenir en entreprise participer à des ateliers de co-construction pour imaginer l’organisation du travail et l’espace de demain en ces termes. Ils auront des milliers d’idées. Il appartiendra à l’entreprise de les intégrer dans sa culture, son histoire et ses valeurs.
Le salarié viendra demain travailler pour se sentir protégé, retrouvant de l’humanité dans un monde de plus en plus anxiogène où la dominance est devenue socialement respectable.